Cinéma

Alejandro Iñárritu, cinéaste célébré

Leonardo DiCaprio est décédé. Quand Alejandro Iñárritu a signé la mort de son acteur sur le plateau de The Revenant, il savait qu’il venait de réaliser une chose unique. Le dolorisme du comédien préféré de Martin Scorsese celui-là même qui, avec Marlon Brando, aura exprimé la plus impressionnante disposition, dans l’histoire du cinéma américain, à se faire marcher dessus, châtier, abaisser, cracher dessus et déformer était apprécié par le réalisateur mexicain.

Le réalisateur savait qu’il avait réussi à réaliser quelque chose d’unique

Cependant, il souhaitait un dolorisme qui ne soit plus un accessoire, plutôt, un trait de personnalité à utiliser. Il fallait donc pousser, l’action en tuant DiCaprio et dévoiler cet assassinat à l’écran. Quand Iñárritu a réalisé un gros plan, sur l’acteur, les cheveux ébouriffés, les yeux bleus écarquillés, la barbe séparée par des fibres de glace, les vaisseaux sanguins des joues sautées par le froid polaire, pas vraiment mort, déjà plus vivant, Alejandro Iñárritu savait qu’il avait réussi à réaliser quelque chose d’extraordinaire à ce moment-là. Une chose que le spectateur ne serait pas prêt d’oublier de sitôt. Et qui allait rester gravé sur l’image du cinéaste.

Ayant à ses actifs deux films, 21 grammes (2003), Alejandro Iñárritu était intéressé par la mort. Lorsqu’un homme est presque mort, pas encore totalement, quand les 21 grammes, poids prétendu de son âme, se dissipent, et qu’il n’existe que cette dissipation à filmer. Le réalisateur mexicain pourrait le témoigner. Sur ce gros plan, le poids de Leonardo DiCaprio était uniquement de 21 grammes. Il n’avait plus son enveloppe…